L’air intérieur est, pour certains composés chimiques, jusqu’à 10 fois plus pollué que l’air extérieur ! Or, nous passons, pour la plupart d’entre nous, 80 % de notre temps dans des bâtiments.

Les causes de pollution sont nombreuses : produits d’entretienpeintures, ameublement, tabagisme, appareils de chauffage par combustible, appareil de cuisson… sont autant de sources d’émanations de composés organiques volatils (les COV), de fumées ou de gaz divers.

C’est dans ce contexte que l’utilisation des plantes connaît un succès croissant, depuis que des chercheurs de la NASA ont démontré, dans les années 1980la faculté des végétaux d’absorber et d’éliminer de nombreux composés toxiques. La notion de « plantes dépolluantes » était née.

Plus récemment, le programme de recherche PHYTAIR lancé par l’ADEME (l’Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie), mené sur 3 plantes et sur 4 polluants a démontré, en laboratoire, l’efficacité des plantes pour diminuer la teneur des polluants dans l’air, avec des capacités de dépollution qui diffèrent d’une plante à l’autre selon le type de polluant.

Action des plantes sur la pollution et le renouvellement de l’air

Bioépuration et phytoremédiation

La bioépuration désigne le processus utilisé par les êtres vivants (végétaux, champignons ou micro-organismes) pour réduire la pollution d’un milieu. Le milieu peut être le sol, l’eau de surface ou l’air atmosphérique. Les polluants sont des éléments chimiques, des métaux lourds (plomb, zinc, cadmium…), des hydrocarbures, des pesticides etc.

Les plantes sont les plus utilisées à cette fin : on parle de phytoremédiation. La phytoremédiation est donc l’utilisation des plantes comme moyen d’extraction des polluants du sol, des eaux ou de l’air. Ces polluants seront soit accumulés soit dégradés par la plante elle-même. La phytoremédiation compte parmi les méthodes innovantes de dépollution des sols.

L’épuration de l’air

Bioepuration par les plantes
La phytoremédiation ou l’épuration de l’air par les plantes

Les composés toxiques présents dans l’air peuvent être absorbés par la plante selon deux voies : soit par les racines (une fois que le polluant s’est solubilisé dans l’eau du sol), soit, et le plus souvent, par les feuilles.

Les échanges gazeux entre la plante et l’atmosphère, mettant en jeu notamment l’oxygène et le dioxyde de carbone (gaz carbonique), s’effectuent par de petites ouvertures microscopiques situées à la surface de la feuille : les stomates. Mais d’autres composés peuvent emprunter cette porte d’entrée, à condition qu’ils soient d’un poids moléculaire faible. C’est le cas pour les composés très volatils comme le formaldéhyde, le benzène, le toluène, le monoxyde de carbone etc. Lorsque ces derniers ont pénétré dans la plante, ils se solubilisent dans l’eau qu’elle renferme et peuvent ainsi être véhiculés dans les cellules de la plante pour y être soit stockés, soit métabolisés par un système complexe faisant aussi intervenir les micro-organismes présents dans le sol pour convertir les polluants en produits assimilables par la plante. Ainsi, le carbone renfermé dans ces composés organiques volatils (COV) est utilisé par la plante à la place du carbone du gaz carbonique contenu dans l’atmosphère puis normalement utilisé par la plante pour effectuer la photosynthèse.

Les composés d’un poids moléculaire plus important, moins volatils que les précédents, ne peuvent pas passer par les stomates, mais se déposent à la surface de la feuille puis migrent vers les tissus sous-jacents pour y être traités de la même manière.

Plantes d’intérieur et m² : un ratio à respecter

Comme ce sont les feuilles qui permettent cette épuration de l’air, la plante sera d’autant plus efficace que sa surface foliaire sera importante. Mais il n’est pas question de transformer votre intérieur en forêt tropicale ! Pour que l’effet dépolluant des plantes puisse se manifester, il faut compter environ une plante de taille moyenne ou grande pour 10 m2.

Vous pouvez aussi et toutefois installer plusieurs petites plantes différentes dans une même pièce. Les végétaux doivent bien entendu être en bonne santé, et les grandes feuilles seront dépoussiérées régulièrement.

Les principaux polluants de l’habitat

Acétaldéhyde

AcétaldéhydeCe composé chimique très présent provoque une irritation des yeux, de la peau et de l’appareil respiratoire (notamment le nez et le larynx). C’est un cancérogène possible pour l’homme. Si cela s’avérait être le cas, ce serait alors le cancérogène le plus fréquent dans le monde.

  • Sources d’utilisation : colorant ; parfum ; cosmétique ; industrie alimentaire ; pâtisserie ; conservation des fruits et légumes.
  • Sources de production : lors de feux de forêt et de broussaille, gaz d’échappement ; fumée de cigarette ; torréfaction de café ; combustion de matière organique (chaudière, poêle à bois, insert) ; etc.

Benzène

BenzèneSolvant dangereux qui pénètre dans l’organisme par la peau et les poumons, le benzène a un effet toxique sur le sang avec un dérèglement de la formation des globules blancs et apparition de leucémies.

  • Sources d’utilisation : encre ; colle ; peinture ; détergent ; imprimerie ; caoutchouc ; résine ; pesticide ; produit pharmaceutique.
  • Sources de production : combustion ; tabagisme ; activités industrielles ; transport routier.

 Formaldéhyde

FormaldéhydeC’est un allergène très irritant pour la peau, la gorge, le nez et les yeux. Il pénètre dans l’organisme par les voies respiratoires et la peau ; il est à l’origine de maux de tête. Une exposition prolongée (même à faible dose) provoque un cancer du rhinopharynx.

  • Sources d’utilisation : liant dans les résines ; fixateur ; désinfectant ; germicide ; insecticide ; fongicide.
  • Sources de production : revêtements muraux (peinture, papier peint etc.) ; revêtements de sol (parquet composite, sol PVC, etc.) ; meubles (bois composite, panneau de particules etc.) ; plastique ; fumée de tabac.

Toluène et xylène

XylèneL’exposition aux vapeurs de toluène ou de xylène entraîne des troubles de la concentration et de la mémoire, une diminution des facultés intellectuelles et une modification de la perception visuelle et auditive. Elle provoque aussi des irritations des yeux, du nez et de la gorge, des maux de tête et des états de somnolence. Ces produits sont suspectés d’induire des cancers.

  • Sources d’utilisation : vernis ; peinture ; encre d’imprimerie ; cire ; colle ; parfum ; cosmétique ; insecticide.
  • Sources de production : revêtements muraux (peinture, papier peint etc.) ; revêtements de sol (parquet composite, sol PVC etc.) ; tabagisme.

Trichloroéthylène (TCE)

TrichloréthylèneSolvant liquide incolore et légèrement volatil, le trichloroéthylène produit des effets neurologiques se manifestant par des maux de tête, de la fatigue, une perte de mémoire, une réduction de la capacité de réfléchir ou de raisonner, de l’irritabilité et une dépression. S’il est un cancérogène avéré pour le cancer du rein, les données manquent encore pour prouver son action supposée sur d’autres organes (testicules, foie, système lymphatique).

  • Sources d’utilisation : peinture ; vernis ; solvant ; colle.
  • Sources de production : produits d’entretien (détachant, produit à vitre etc.) ; PVC ; dalles de moquette.

Ammoniac

AmmoniacGaz dégageant une odeur piquante et désagréable, l’ammoniac est corrosif et irrite les voies respiratoires, mais il n’est pas reconnu cancérogène.

 

Tableau comparatif des 40 plantes dépolluantes

Ce tableau permet de comparer les capacités de bioépuration des plantes selon les différentes études scientifiques dont celles menées par la NASA et le scientifique B.C. Wolverton.